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[Dossier] Confession d'une naissance à domicile



Confession de naissance #1 | Intro


Si tu me connais, tu sais que je ne partage pas beaucoup sur ma vie perso. Probablement par pudeur. Mais cette fois, je vois les choses différemment.

Je vais te parler de mon accouchement.

De certains de mes choix.

De certains de mes doutes.

Je me suis dis que mon expérience pourrait faire écho dans le coeur de certaines. Après ça elles pourraient se questionner sur leurs choix, mieux se préparer, se sentir comprises ou même rassurées. En tout cas je l'espère de tout mon coeur.


Femme enceinte le jour de son accouchement

Commencement

Cette photo a été prise le jour de mon accouchement : le 24 décembre.

Tel un miracle de Noël, ce petit être -qu'on appellera Bébédou- est arrivé sur terre.


Et je peux maintenant en parlé car j'ai réussi.

Je l'ai fait :

♡ Offrir la naissance dont je rêvais à mon enfant, à mon fils ♡


Une naissance dans l'intimité et le respect.

Dans le cadre que nous avons choisi nous n'avions pas à rentrer (à tout prix) dans des moyennes, à suivre des courbes standardisées ou encore à subir des protocoles à cause d'étiquettes collées, notamment celle d'un bébé (trop) gros.

♡ Nous étions uniques.

Écoutés.

Considérés.

Respectés.

Et Honorés ♡


Mon mari et moi avons conscientisé ce moment, celui de donner la Vie.

D'accueillir une nouvelle âme sur cette terre.

Selon nous, dans les meilleurs conditions, dans notre foyer.


 

Confession de naissance #2 | Le choix d'accoucher à la maison.


Pendant ma grossesse je me suis interrogée sur le lieu de mon accouchement, l'endroit où j'allais donner la vie. Sachant que plus de 95% des françaises accouchent à l'hôpital, se poser la question peut paraitre fou.


La grossesse n'est pas une maladie,

Pourtant on va à l'hôpital pour accoucher.

Un truc tournait pas rond (pour moi... !)

seulement 3% des françaises accouchent à la maison

Les médecins sont formés à traiter des symptômes, identifier les pathologies, limiter les risques pour soigner. Ils ne sont pas formés à faire confiance au corps, pour le "laisser faire". Scientifiquement nous connaissons même pas 15% du fonctionnement du cerveau, nous ne savons pas expliquer la guérison de certaines personnes condamnées alors pourquoi alors l'Homme en blouse blanche à la prétention de parfaitement connaitre le corps humain ? Pire encore, de mieux connaitre le corps humain de celle qui est en train de donner la Vie.


En cercle de femmes, j'ai entendu tant de témoignages d'accouchement qui se sont mal passés à cause d'une intervention médicale* trop rapide, trop timée, trop brusque, mal synchronisée... que m'interroger était le minimum.


Où accoucher donc ? Comment faire notre choix ?

Cette question a fait l'objet de graaaandes discussion avec ma famille, mes ami.es et surtout mon mari, initialement favorable à l'accouchement en milieu hospitalier. Alors nous avons :


Raison n°1: Nous nous sommes informés pour comprendre comment fonctionne le corps le jour J, à l'instant T de la sortie de bébé : qu'est ce qui se passe, vraiment ?! Mention spéciale à la BD "La naissance en BD - Tome 1" de Lucile Gomez.


A NOTER : Nous avons déduit que les conditions dans lesquelles les femmes étaient à l'hôpital n'étaient pas propices au bon déroulé d'un accouchement.

Raison n°2 :. Nous avons déconstruis de nombreuses croyances comme celles d'accoucher dans la douleur ou des non sens. Par exemple, savais-tu que la position adoptée (allongée sur le dos) par les femmes lors de l'accouchement est le deuxième sujet qui pose le plus de questions d'éthique et de déontologie en médecine, la première étant l'euthanasie.


Raison n°3 : Nous avons cherché les alternatives possibles et rencontrer plusieurs sages-femme : l'une qui accompagnait sur plateau technique et l'autre à domicile. Nous avons uniquement posé les questions qui font "peur", celles qui demandent ce qu'il se passe si le pire arrive... Des réponses essentielles pour se décider. Nous avons vite compris qu'il y avait des protocoles et aucun risque ne serait pris. Ni pour moi, ni pour le bébé. Alors nous avons choisis la sage femme à domicile car plus qu'un simple rendez-vous, cet échange a été une rencontre.


♡ Enfin, nous étions alignés sur NOTRE choix : celui d'accueillir la vie dans notre foyer ♡


*à la lecture de ces mots n'allez pas vous m'éprendre, je ne pointe pas du doigt le personnel soignant qui fait de son mieux mais je veux pointer du doigt tout un système hospitalier qui n'offre plus le savoir et les moyens d'accompagner les femmes.


 

Confession #3 | Sans péridurale


Ca peut paraitre totalement New Age d'avoir fait le choix d'accoucher à la maison et donc sans péridurale. Des féministes m'ont même dit : "on s'est battu pour obtenir la péridurale pourquoi tu ne veux pas l'avoir ?!"


Mais pour me faire réfléchir - à l'effet de la péridurale sur mon corps (et mon bébé, je t'invite à lire sur le sujet !) - ma belle soeur, qui est doula, m'a donné cette image : "c'est comme si tu voulais faire caca en étant allongée sur le dos avec le cul endormi !". En effet, c'est plus complexe !


♡ Tout simplement parce que j'avais envie de sentir, ou plutôt ressentir mon bébé pour pouvoir l'accompagner ♡

Et j'ai effet bien senti. Oui, j'ai même eu mal.

Une fois Bebedou dans nos bras, mon mari m'a demandé : 
- "alors sur une échelle de 0 à 10 en terme de douleur ?"
-  j'ai répondu : "8 sur 10"
- "ah bon ? Pas plus ? Parce que j'ai vu que tu douillais quand même". 
- "si je t'avais répondu 10 sur 10 ça aurait voulu dire que je n'y serai pas arrivée". 

♡ Chacune à une tolérance à la douleur différente.

Chacune à une perception de celle-ci ♡

Oui il y a un moment où j'ai cru que la douleur ne serait pas surmontable.

J'ai commencé a douter.

La fameuse phase de désespérance.


J'avais l'impression que mon travail n'avançait pas. Que j'avais beau ressentir une forte intensité, rien n'évoluait dans mon corps. Alors lorsque la sage femme est arrivée, je lui ai demandé de m'osculter. Elle me dit : "tu es déjà dilatée à 9 cm ! C'est formidable ce que vous avez fait. Vous êtes des champions !" A ce moment là, savoir que je n'avais pas endurer pour "rien" m'a redonné des forces. La force de continuer.


La vérité c'est qu'aujourd'hui encore, j'ai certain black-out de mon accouchement tant j'étais "ailleurs". Pendant ma grossesse on m'a souvent répété : aide-toi de ta respiration pour être dans un état méditatif.

J'ai l'habitude de méditer.

Je peux vous affirmer que ce jour là, pendant ces 7 heures, c'est bien plus que ça qu'il s'est passé.

J'ai pas seulement dans un état méditatif.


♡ C'est mon corps qui a pris le dessus

Le dessus sur mes croyances.

Le dessus sur mes peurs.

Le dessus sur mon mental ♡


J'y suis arrivé grâce au soutien indéfectible de mon mari qui m'encourageait, à la confiance que j'avais en mon bébé et mon corps, à la précieuse présence de la sage-femme et de toute ma lignée de femmes énergétiquement invoquée. Je sais qu'elles m'ont donné la force de me surpasser. A chacun.e, merci d'avoir été là, à mes côtés.


Plus que jamais je suis fière de moi.

Fière de la naissance offerte à mon fils.

Fière de ma naissance en tant que mère.


♡ Avec ou sans péridurale, donner la vie est aussi notre passage (pas-sage), ne l'oublions pas ♡



 

Confession #4 | Le jour de l'accouchement

4h30 du matin

Je commence à avoir des contractions.

Je sens que mon corps se prépare, que le travail commence.

Pendant la grossesse je n'ai pas eu de contractions dites de "pré-travail" donc ça aurait pu être ça sachant que nous sommes 9 jours avant le terme prévu mais je le sens c'est aujourd'hui que Bébédou a choisi d'arriver sur terre.

Nous prévenons la sage-femme et décidons de nous recoucher. On arrive à grappiller quelques heures de sommeil. Nous savons que c'est précieux pour ne pas nous sentir fatigués pour vivre l'événement qui arrive.


10h

Je ressens le besoin de marcher et de me connecter à la nature, à l'énergie de la Terre-Mère pour justement vivre sereinement mon passage en tant que Mère, c'est la fameuse vidéo de Confession de Naissance #1. Dans les rues, les passants interpellaient mon mari pour lui demander si je vais pas accoucher sur le trottoir.


11h30

On rentre à la maison et on plonge dans notre bulle : on ferme les volets, on allume nos bougies. Je fais appel à mes guides, mes anges et les femmes de ma tribu pour les avoir énergétiquement auprès de moi.

On se réfugie dans notre salle de bain, nous restons dans le silence, prêts à bientôt accueillir notre bébédou.

12h

Les contractions se rapprochent. Mon mari les chronomètre. Il le fera pendant plusieurs heures pour savoir dans quelle phase du travail nous sommes et informer la sage femme de l'avancée.


12h30

Les contractions sont plus fortes et rapprochées.

Pour m'apaiser, je tente de prendre un bain. Ça n'est pas un succès. Dans notre baignoire, je me sens à l'étroit. Je n'ai pas l'espace suffisant pour bouger comme je le souhaite. Finalement, je me sens contrainte et décide de sortir.

14h20

Les contractions se sont clairement intensifiées.

Elles sont vraiment fortes. Je le sais, nous le savons nous sommes "dans le dur" du travail.

Nous sommes toujours... qu'à deux.


A ce moment là, mon mari ne le montre pas (je le remercie encore pour son excellente gestion) mais il commence à stresser car la sage femme aurait du arriver depuis 1h30.


Il s'inquiète car il sait qu'à quels pas de chez nous il y a des manifestations qui ont dégénéré, il craint que la sage-femme soit bloquée et que nous soyons que tous les deux pour accueillir notre fils. Et ça c'est pas ce à quoi nous nous sommes préparés : accoucher à la maison oui, mais pas sans assistance.


Je décide de m'osculter pour savoir si mon corps est pleinement en train de s'ouvrir ou s'il y a des freins. Au toucher, j'ai l'impression que mon col ne s'est pas dilaté. Je sens une boule ronde mais je ne sais pas ce que c'est. J'imagine que ca n'est pas la tête chevelu de mon fils, je les aurais senti ses cheveux. Mais alors c'est quoi ? Je reste sans réponse et, à cet instant, je me sens un peu découragée.


14h50

La sage-femme arrive (enfin). Elle s'intègre délicatement dans notre bulle. Elle a l'habitude. Elle respecte notre intimité. A la fois discrète et présente. Découragée, je lui demande à son tour de m'osculter, elle me dit : "tu es déjà dilatée à 8/9 cm ! C'est formidable ce que vous avez fait. Vous êtes des champions !"

Quand j'entends ces mots je suis instantanément reboostée, rassurée de savoir que je n'avais pas enduré pour "rien", qu'en à peine 3h j'étais autant dilatée. J'ai cette puissance en moi ! Je suis capable ! Je vais y arriver ! Je me dis même que le plus dur est fait.

Confiante, je me replonge dans mes contractions.

17h

Toujours dans notre salle bain chauffée à fond, l'air est humide, chaud, suintant. Je suis en sueur. Je ne sais pas si c'est la température de la pièce ou l'effort. Probablement les deux.

Heureusement nous n'avons pas vidé la baignoire, l'eau y a refroidi et j'y plonge mes mains, mes bras pour m'humidifier le visage, les cheveux, le corps.


Première poussée consciente.

La sage femme m'encourage, elle me dit qu'elle sent (dans mon dos) que Bébédou s'est bien engagé. Que je peux continuer comme ça.

Je pousse.

Rien.

On change de position.

Je pousse. Je sue.

Je repousse.

Rien.

On change de position.

C'est intense.

Je plonge de nouveau mes mains dans l'eau pour me rafraîchir.

Je retiens mes poussées. Quelques peurs resurgissent. La sage femme le sent : "Marine, ne retiens pas tes poussées, vas-y accompagne ton bébé". Cette phrase mêlée aux mots si justes de mon mari pour m'aider à me surpasser.

Je pousse.

Je suis épuisée. Il le voit.


18h10

On sort de la salle de bain pour rejoindre notre salon, à cette heure là aussi dans l'obscurité hivernale. L'air est chaud mais plus frais que dans la salle de bain, ça me fait du bien "de prendre l'air".

On change de position

(La liberté d'être sans péridurale et la gratitude d'être à la maison pour qu'on puisse prendre le temps d'essayer).

Je pousse.

Je hurle.

On (mon mari et moi) pousse.

Je hurle. Il pleure.

Ça m'aide d'ouvrir ma voix car ça ouvre la voie.

On pousse.

Je pousse. Je hurle. On pousse.

Ça y est, enfin presque, Bebedou sort sa tête ET sa main ! C'est donc pour ça que c'était si dur.

Je pousse.

18h50

Bebedou est né.

Enroulée dans une couette préalablement chauffée, il est déposé sur moi.

Toujours relié à son cordon et à son placenta.


30 minutes plus tard

J'expulse le placenta.

Le cordon est devenu blanc, signe que l'intégralité du sang a été dans le corps de bébé, on peut donc délicatement le couper.


Pendant que Bebedou est en peau à peau avec son père, je prends le placenta dans mes mains, il est chaud, et je remercie cet organe (le seul temporaire du corps) pour tout ce qu'il a offert à son fils. J'ai une telle gratitude pour mon corps.

♡ Nous sommes alors 3 à naître ♡

 

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